Le surendettement en Europe
Dans un contexte de développement de l’accès
au crédit et de renouvellement de l’offre de
services financiers, le surendettement des particuliers
est de plus en plus placé au centre du débat
public en Europe. Or aujourd’hui, il n’y a toujours
pas de consensus au sein de l’Union européenne
sur une définition standard du surendettement.
Il n’y a donc pas de statistiques comparables au
niveau européen permettant de connaître les
tendances actuelles et passées, ainsi que l’étendue
du surendettement dans les états membres. Ce qui
est sûr, c’est que la France n’est pas
le pays européen le plus endetté. Loin de
là… Généralement, l’on
dit que plus les habitants d’un pays sont endettés,
plus le pays est paradoxalement riche. Mais encore faut-il
bien distinguer l’endettement du surendettement. L’un
est facteur de croissance, l’autre pathologique.
L’analyse des données de l’Eurobaromètre
montre que 13% des ménages des États membres
de l’UE éprouvaient en 2006 des difficultés
à faire face au remboursement de leurs crédits.
Les données de l’enquête de l’Union
Européenne sur le Revenu et les Conditions de Vie
en 2005 montrent que les défauts de paiement sont
un peu moins répandus. En revanche, 10% des ménages
ont tout de même eu au moins un défaut de paiement
au cours des 12 mois précédents.
Les difficultés à rembourser les crédits
sont les plus nombreuses dans l’Europe de l’Est
et de Sud, à l’exception de la République
Tchéque, l’Estonie et la Slovénie. Les
pays où l’on enregistre le moins de difficultés
financières sont les pays les plus riches (Europe
du Nord, France, Allemagne, Royaume-Uni). Et pourtant, ce
sont eux qui ont le plus d’encours de crédits.
Comme quoi, endettement et surendettement ne revêt
pas du tout la même signification.
Par ailleurs, les pays de l’Union Européenne
ont différentes définitions pour le terme
de « surendettement ». En Allemagne, par exemple,
le ministère fédéral de la Famille
pose que « un ménage est surendetté
si, sur une longue période, ses revenus, après
prise en compte de ses dépenses courantes, sont insuffisants
pour faire face aux échéances du service de
dette ».
D’autres gouvernements, comme les Autrichiens ou
les Belges, ont une approche plus économique de la
question : sont surendettés tous ceux qui après
déduction des dépenses courantes ne peuvent
pas honorer leurs obligations financières.
Avec l’ouverture du marché du crédit
à toute l’Europe depuis le début de
l’année, l’Institution va bien devoir
éclaircir la question du surendettement : poser une
définition claire et précise et en donner
les solutions.
« À l'heure actuelle, l'absence d'une définition
commune, au niveau européen, du phénomène
de surendettement et d'exclusion financière reste
un obstacle à notre compréhension commune
de la situation, et donc à l'identification des solutions
politiques les mieux adaptées. Si une telle définition
commune pouvait être élaborée, elle
permettrait de recueillir des statistiques sur les ménages
surendettés à des fins de comparaison et fournirait
une base plus solide pour mettre en œuvre la méthode
ouverte de coordination dans la lutte contre l'exclusion
sociale », reconnaît-on à la Commission
européenne.
L’année 2007 a été charnière
pour l’Europe en matière de crédit.
Plusieurs pays atteignent désormais un niveau de
dépendance au crédit équivalent à
celui des Etats-Unis. La France, avec un ratio de dépendance
de 29% est dans le peloton de tête autour de 29%.
La Belgique, elle, si situe en tête avec 33,5%. Le
niveau d’endettement global et celui des ménages
reste inférieur à celui des Etats-Unis et
du Royaume-Uni (environ 100% du PIB pour la dette des ménages
de ces deux pays) même si certains pays se rapprochent
du niveau atteint aux USA avec 80% du PIB. La France, à
47% du PIB, est moins endettée. En revanche, elle
atteint des niveaux jamais constatés auparavant.
Alors faut-il avoir peur de l’endettement ? Oui et
non… Oui, s’il paralyse l’économie
et qu’il gèle d’autres secteurs comme
ceux de l’investissement, de l’immobilier (c’est
ce que subit de plein fouet en ce moment la pierre espagnole),
ou encore de la consommation. Non s’il est un facteur
de croissance, de consommation et de pouvoir d’achat.
C’est pour cela que les banques sont en grande partie
responsables aux Etats-Unis de la crise survenue l’été
dernier. Elles ont laissé les particuliers accéder
à des crédits immobiliers sans obtenir assez
de gages de sécurité.
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