Surendettement : «
Les gens ont honte ! »
Emmanuel Petit est juriste et directeur de l’association
Cresus Ile-De-France - Chambre régionale du surendettement
social. Toute l’année, il rencontre les familles
gelées par le surendettement. Il les aide à
traverser cette épreuve…
Argent-mag – Y a-t-il un profil type du surendetté
?
Emmanuel Petit – Il y en a un qui se dégage,
effectivement. Le fléau du surendettement touche
surtout les familles à faibles revenus. Une récente
étude de la Banque de France soulignait que 70% des
dossiers de surendettement concernaient des petits revenus,
c’est-à-dire inférieurs à 1 500
euros. Autre phénomène que l’on rencontre
presque tout le temps, c’est la souscription de crédit
pour rembourser d’autres crédits. C’est
ce qu’on appelle la cavalerie. Les gens ont d’ailleurs
tendance à attendre les lettres de recouvrement avant
d’agir.
Argent-Mag – Oui, et après c’est
un cercle vicieux…
Emmanuel Petit – Exactement. Les gens attendent le
dernier moment avant d’agir, quand c’est devenu
critique et quand le point de non retour est dépassé.
Non pas parce qu’ils sont de mauvaise foi. Ils sont
envahis de culpabilité. Les gens ont honte d’être
surendetté. Certains mêmes ne peuvent pas en
parler à leur famille. Ils ont peur du fichage et
d’être interdit bancaire. Le plus traumatisant
pour eux est de perdre leur autonomie, d’être
placé sous tutelle.
Argent-Mag – Comment éviter une telle
situation ?
Emmanuel Petit – La première règle est
une bonne gestion budgétaire. La grande majorité
des familles sont en difficulté car elles ne gèrent
pas correctement leur argent. Ensuite, il ne faut pas attendre
le dernier moment pour venir nous voir. Plus on attend,
plus les dettes s’accumulent. Enfin, ne jamais souscrire
un crédit pour rembourser un crédit. Mieux
vaut procéder à un rachat de crédit
même si cela laisse toujours la personne dans une
situation précaire. Les gens généralement
souscrivent à d’autres crédits pour
honorer leurs dettes. Car au bout de deux mensualités
non versées, ils sont fichés au FICP [fichier
des incidents de remboursement des crédits aux particuliers,
ndr]. Du coup, ça ne se voit pas mais ce n’est
pas la bonne solution.
Argent-Mag – D’après vous que
faudrait-il améliorer pour lutter contre le surendettement
?
Emmanuel Petit – La France souffre d’un déficit
d’accompagnement. C’est aussi la raison de notre
existence. Notre association explique aux familles ce qu’il
va se passer, les risques du surendettement, les accompagne
et les soutien psychologiquement. Dans d’autres pays
européens, cette dimension sociale est davantage
présente. La Banque de Belgique par exemple s’est
spécialisée dans l’accompagnement au
crédit. Une sorte de Banque de France et de Cresus
en une seule institution.
Vous êtes surendettés ? Vous ne savez pas
quoi faire ? Les chambres régionales du surendettement
social sont à votre écoute. Des juristes vous
aident gratuitement à trouver la bonne solution à
votre rétablissement financier. Visitez dès
maintenant http://www.cresuspaysdelaloire.fr.
Cresus Alsace : 03.90.22.11.34
Cresus Bourgogne : 06.99.52.31.72
Cresus Ile-De-France : 06.76.68.24.18
Cresus Moselle : 03.87.24.94.11
Cresus Nord-Pas-de-Calais : 03.20.68.45.50
Cresus Paris : 01.46.06.62.27
Cresus Poitou-Charentes : 05.46.41.83.72
Cresus Var : 04.94.57.63.91
Cresus Vosges : 03.29.55.48.38
Propos recueillis par William Molinié
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