La loi Scrivener : protéger les
consommateurs en matière de crédit
immobilier.
La « Loi Scrivener » est la loi n°79-596
du 13 juillet 1979. Elle fait partie du Code de
la Consommation (L.312-1 et suivants) et a été
instaurée dans le but de protéger
les consommateurs contre les dangers du crédit.
Composée de trois titres, la loi Scrivener
impose des règles s’appliquant à
tous les prêts concernant l’achat
de biens immobiliers (immeubles, terrains à
construire, travaux de rénovation etc.)
et qui limitent la liberté contractuelle
en matière de crédit immobilier.
Elle a mis en place différentes mesures
visant à informer et à protéger
les consommateurs de crédit immobilier.
Dans son deuxième titre,
« L’information de l’emprunteur
? », la loi Scrivener impose une réglementation
de la publicité sur les crédits
immobiliers, une réglementation de l’
« offre préalable de crédit
» ainsi qu’une réglementation
sur le délai de réflexion.
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En ce qui concerne la publicité, la loi
Scrivener est très claire et impose l’indication
sur toute publicité pour un crédit
immobilier, premièrement, du nom de l’organisme
prêteur, ensuite, de la nature du crédit,
à savoir, s’agit-il d’un prêt
immobilier classique ou d’une ouverture de
crédit ? etc. La loi exige aussi l’indication
sur les publicités du bien immobilier à
acquérir et du taux effectif global, du coût
total ainsi que de la durée du crédit.
Enfin, toute publicité doit indiquer la subordination
de la vente à l’obtention d’un
crédit, le fait que le client dispose d’un
délai de réflexion de 10 jours minimum
pour accepter l’ « offre de crédit
» et la promesse du remboursement des sommes
versées en cas de non-obtention du crédit.
Quant à la réglementation sur l’
« offre préalable de crédit
», l’objectif de la loi est de mettre
à disposition du consommateur une information
complète sur le crédit qui va lui
être accordé.
Ainsi, le professionnel du crédit doit remettre
à son client une « offre préalable
» qui contient une série de mentions
obligatoires telles que l’identité
des parties, la nature du prêt ainsi que son
objet, le montant exact du crédit offert,
les modalités du prêt, c’est
à dire, la date à laquelle les fonds
seront mis à disposition du consommateur,
l’échéancier détaillé
etc, et le coût total du crédit ainsi
que le taux effectif global, TEG. Le TEG est le
taux final du crédit qui comprend le taux
nominal du crédit, les frais de dossier et
les primes d’assurances. En revanche, dans
le cas de prêts à taux variables, le
coût total du crédit et le TEG ne sont
que des valeurs indicatives puisqu’il est
très difficile de prévoir l’évolution
des taux.
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L’ « offre préalable
» de crédit doit également indiquer
quelles sont les assurances exigées par la
banque ; les garanties telles que l’hypothèque
ou la caution, auxquelles aura recours l’organisme
prêteur en cas de défaillance de l’emprunteur,
les conditions en cas de transfert du prêt
et enfin, le montant des frais que l’organisme
prêteur peut retenir en cas d’annulation
du prêt.
Quant au délai de réflexion, le consommateur
dispose de 10 jours entiers minimum, le jour de
réception de l’offre n’étant
pas compris, pour décider d’accepter
ou non l’offre de crédit. Le consommateur
reçoit gratuitement et en Recommandé
avec Accusé de Réception une offre
écrite et il dispose de 10 jours dès
réception de cette offre écrite. Le
délai de réflexion permet essentiellement
au consommateur de recevoir plusieurs offres de
crédit et de pouvoir les comparer entre elles
avant de se décider.
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Dans son troisième titre, « Le contrat
de prêt », la Loi Scrivener définit
les conditions d’acceptation de l’offre
préalable, à savoir, le fait que le
prêteur doive maintenir son offre aux mêmes
conditions pendant au moins 30 jours, le fait que
l’emprunteur dispose d’un délai
de 20 jours pour accepter l’offre et le fait
qu’aucun paiement ne puisse être fait
avant l’acceptation de l’offre par le
consommateur.
La loi définit ensuite les termes du contrat
de prêt. Tout d’abord la loi précise
que le contrat de vente est soumis à l’acceptation
du prêt par l’organisme prêteur
il n’est donc exécutoire qu’une
fois le prêt obtenu.
L’objectif de cette condition suspensive est
de protéger l’acheteur contre la non-obtention
de son financement mais celui-ci est dans l’obligation
d’acheter le bien immobilier une fois l’
« offre préalable » réalisée
et la condition suspensive ne peur être utilisée
pour contourner le contrat de vente initial.
Si dans un délai de 4 mois à compter
de l’acceptation de l’offre de crédit,
la vente du bien immobilier est compromise pour
des raisons indépendantes de la volonté
du consommateur, celui-ci sera dégagé
du contrat de crédit. En revanche, en cas
d’annulation, l’emprunteur se voit dans
l’obligation de rembourser la totalité
des sommes qu’il s’est vu verser jusque
là ainsi que les intérêts correspondants.
En cas de refus de l’agrément du côté
de l’assurance, l’emprunteur dispose
d’un délai d’un mois à
compter de la notification de ce refus pour annuler
son contrat de prêt sans frais ni pénalité.
Enfin, la loi Scrivener a pour ultime objectif
de protéger l’emprunteur pendant toute
la durée du contrat de vente. Ainsi, en cas
de litige à propos des travaux immobiliers,
le remboursement du crédit peut être
suspendu le temps de trouver une solution au litige.
Cependant, le remboursement ne peut être suspendu
que sur autorisation du Tribunal et les échéances
« suspendues » devront être régularisées
une fois le litige réglé.
Amandine Briand
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