Autrefois, on quittait Paris pour la proche banlieue
pour vivre mieux : loyers moins chers, plus d’espace,
moins de voitures Aujourd’hui c’est
toujours le cas, faute de moyens ou d’espace,
voire les deux, nombreux sont les familles qui
quittent la capitale pour la banlieue parisienne.
A une différence près, auparavant
on le faisait avec joie, aujourd’hui c’est
toujours avec un peu d’amertume que l’on
quitte son immeuble en brique chargé d’histoire
pour un immeuble froid, tout de blanc vêtu,
banal.
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Paris reste Paris, nombreux
sont les nostalgiques qui se promettent d’y
revenir non pas suite à un pari qu’ils
se sont fixés, un challenge mais à
les entendre habiter Paris a quelque chose de
magique. Le monde entier les enviera, c’est
avant tout un privilège, un honneur que
la ville leur fera. Myriam est l’une de
ces nostalgiques, issue de parents d’origine
algérienne arrivés en France dans
les années 70 durant la vague d’immigration.
Ils se sont installés à Bastille
puis à la naissance du 3ème enfant
il a fallu envisager le départ.
En 1986 le départ est
effectif direction Saint-Ouen (93). Il y’a
une trentaine d’année, habiter Bastille,
Saint-germain-des-prés, Montparnasse n’était
pas signe d’un quelconque signe de richesse
et habiter en banlieue n’était pas
chose réservée aux classes populaires.
Aujourd’hui tout a changé, Paris
est le bastion de la bourgeoisie française
et étrangère malgré la résistance
de quelques quartiers populaires (18ème,
13ème, voire le 19ème arrondissement).
Aujourd’hui, évoquer le mot banlieue
soulève un malaise, au fil des années,
elle a accueilli, accumulé les classes
populaires et les problèmes liés
: violence, pauvreté, des mairies sans
moyens, abandon par les pouvoirs publics. Et Myriam
dans tout ça?
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Myriam a grandi à Saint-Ouen
dans une barre d’immeuble HLM, elle a eu
son Bac, et un Masters dans le marketing de luxe.
Aujourd’hui elle travaille pour une grande
compagnie spécialisée dans la vente
de prêt-à-porter de luxe, et a récemment
quitté « sa banlieue » pour
revenir à Paris. Elle a investi dans un
2 pièces dans le 14ème arrondissement
de Paris. Elle a accepté de me raconter
son histoire jusqu’à l’obtention
du sésame : les clés de son nouvel
appartement.
Je vous sens très
heureuse ?
Absolument, quand je vois tout le chemin parcouru
jusqu’ici je ne peut être que satisfaite,
je me suis tellement battu pour y arriver, j’ai
tellement semé et aujourd’hui je
sème les fruits de ma récolte.
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Quand avez-vous décidé
de revenir à Paris, et pourquoi acheter
?
Habiter à Paris me tenait vraiment à
cœur, j’ai toujours été
une nostalgique, revenir sur les traces de mon
passé quand les souvenirs qu’on y
trouve sont si bons, j’ai connu tellement
de bonnes choses ici, les sorties de l’école
où mon père venait me chercher,
la concierge qui montait le courrier et le glissait
sous le paillasson…Paris reste à
part pour moi. J’ai toujours voulu revenir
ici et ça ne date pas d’hier, cette
idée a germé dans mon esprit depuis
l’université, je me suis fixé
comme objectif : mon diplôme, un emploi,
un appartement à Paris. Les loyers sont
très chers, quitte à payer 700 euros
par mois autant que cet argent ait une utilité
et serve à financer un crédit.
A-t-il été
si difficile de trouver un appartement qui convienne
à vos exigences ?
Vivre à Paris est un souhait très
cher mais je n’étais pas prête
à accepter n’importe quoi. Les immeubles
en briques sont assez vétustes pour certains
et n’ont pas d’ascenseur. Malgré
l’entretien on ne peut rien contre l’âge,
j’ai attendu qu’une opportunité
se présente, les agences immobilières
m’ont bien proposé certains produits
en essayant de me convaincre que c’était
l’affaire du siècle! Mais je ne voyais
pas ce qu’avait d’extraordinaire un
appartement étroit au 5ème étage
sans ascenseur. Alors j’ai patienté,
au bout de 3 mois, je suis tombé sur une
petite annonce dans un journal spécialisé
qui proposait un appartement qui répondait
non pas à mes exigences mais à mes
attentes.
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Votre banque vous a-t-elle
simplifié la tâche ?
Ce n’était pas très évident
mon apport en capital est faible puisque je ne
travaillais que depuis 1 an, et l’appartement
coûtait relativement cher (258 000 euros),
alors il a fallu demander l’aide de la famille,
j’ai mis tout le monde à contribution.
La banque a finalement acquiescé mais ce
n’était pas simple. C’est la
première fois que je faisais une demande
de crédit j’étais dans l’expectative,
je ne savais pas du tout comment ça fonctionnait.
J’ai recherché des informations sur
Internet, je me suis renseignée, heureusement
que j’avais mon amie qui travaille à
la banque, elle m’a été d’une
grande utilité. Je me serais facilement
laissée tenter par des taux révisables
mais quand j’ai vu que le risque encouru
par rapport aux gains escomptés j’ai
rapidement fait marche arrière. J’ai
finalement opté pour un taux fixe à
4.75% sur 25 ans. Après tout s’est
enchaîné, signature chez le notaire,
remise des clés.
En êtes vous satisfaites
?
J’ai démarché 2 banques avant
de tomber sur la bonne. Je pense que l’on
doit aller au-delà de la relation commerciale
qu’on entretien avec la banque, il doit
y avoir une relation de confiance et de respect.
Je n’ai ressenti aucune de ces deux notions
dans les deux premières banques. Dans cette
banque une relation de confiance s’est vite
instaurée entre eux et moi, cela a facilitée
beaucoup de choses. Le crédit que j’ai
obtenu me convient et est adapté, j’ai
encore 24 longues années devant moi à
rembourser (La première mensualité
date de l’année dernière).
Quand je vois les prix des loyers, je suis bien
contente d’avoir fait une demande crédit,
payer autant et ne pas être propriétaire
de son logement ça n’en vaut vraiment
pas la peine.
Quelle conseille donneriez vous
à ceux qui sont dans le même cas
que celui qui était le votre ?
Investir dans un appartement doit être mûrement
réfléchi, cela peut constituer l’investissement
de toute une vie. Il faut être patient,
les bonnes occasions sont rares et ne durent pas.
Il ne faut pas hésiter à se renseigner
auprès des voisins sur le calme par exemple
car une fois signé on ne peut plus faire
marche arrière. Concernant le crédit,
ne pas hésiter à démarcher
plusieurs banques afin de comparer les taux et
les modalités, se renseigner auprès
d’amis, de proches, sur Internet afin d’avoir
un maximum d’informations et être
armé quand il s’agira d’entamer
les négociations avec le banquier.
Qu’est que l’on
peu vous souhaiter ?
Que du bonheur !
Rares sont les personnes qui
font le chemin retour. Retourner à Paris
une fois que l’on est enraciné en
banlieue n’est pas une mince chose à
faire. Mais Myriam a voulu forcer le destin et
a réalisé son rêve. Le crédit
immobilier lui a fourni les clés du bonheur.
Mais tout n’est pas si rose, on se souvient
qu’en 1995 et qu’actuellement aux
Etats-Unis, l’immobilier peut subir une
crise de plein fouet. La moindre secousse financière
fait grimper les taux d’intérêts,
et dans ce cas malheur à ceux qui contractent
des crédits à taux révisables.