Interdit
bancaire : Quelles solutions ?
Vous venez d’émettre un
chèque sans provision ? Vous n’avez
pas réussi à régulariser
dans les temps votre situation. Outre
les pénalités que vous devez
payer, votre banque vous a retiré
votre chéquier et vous devez vous
en tenir à une carte à autorisation
systématique pendant 5 ans. Or
vos dépenses sont importantes et
l’échéance quinquennale
vous semble un long tunnel interminable…
Ne paniquez pas ! Des solutions existent
pour faire face à un interdit bancaire.
Le service bancaire de base
Si votre banque ne vous délivre
pas de chéquier, elle est cependant
dans l’obligation de vous fournir
un service bancaire de base. Et ce, même
si vous êtes interdit bancaire.
Toutes les banques se sont engagées
à fournir des moyens de paiement
alternatifs au chèque à
un tarif modéré, tournant
autour de 3 ou 4 euros par mois.
Ce service contient obligatoirement au
moins une carte à autorisation
systématique, la possibilité
de payer par virements, prélèvements,
TIP (titre interbancaire de paiement)
afin de pouvoir régler les dépenses
quotidiennes. Certaines banques proposent
aussi des assurances perte et vol de cartes,
possibilité de consulter ses comptes
sur Internet…
Ouvrir un compte à l’étranger
Le fait d’être interdit bancaire
en France ne ferme pas les portes à
l’ouverture d’un compte en
dehors de nos frontières. Il existe
de nombreuses sociétés spécialisées
qui se chargent à votre place d’ouvrir
ce compte.
Mais attention ! Certaines d’entre
elles vous parleront « d’introduction
bancaire ». Faites-vous bien préciser
ce que l’établissement entend
derrière ce terme. Car dans bien
des cas, seule une liste d’adresse
de banques vous sera fournie. Vous la
paierez très chère alors
que vous pourrez les trouver sur Internet
en fouillant un peu.
Préférez plutôt les
services d’un cabinet qui, contre
rémunération, s’occupera
de vous ouvrir un compte en dehors de
l’Hexagone. Les honoraires peuvent
varier de 600 à 1 000 euros pour
cette démarche. En cas de refus
des établissements, il vous sera
toujours possible d’annuler ou de
réduire les frais de la prestation
avortée.
Contrairement à ce qu’on
peut lire sur Internet, il n’est
pas si aisé d’ouvrir un compte
à l’étranger. Surtout
lorsque votre situation en France s’avère
déjà difficile et que vous
n’obtenez pas de la part de votre
banque une lettre de recommandation. Depuis
la fin 2007, les établissements
sont devenus beaucoup plus frileux et
méfiants dans certains pays à
cause de la crise américaine des
subprimes.
Aussi, l’on vous demandera presque
toujours de fournir une attestation comme
quoi vous possédez un compte bancaire
en France et faire savoir depuis quand
il a été ouvert. C’est
pourquoi, avoir recours à un cabinet
pour ouvrir votre compte à l’étranger
peut être un gain de temps et d’argent.
Si vous préférez vous lancer
seul dans cette opération, le meilleur
moyen est de vous faire hébergé
par des amis dans le pays où vous
voulez ouvrir votre compte. En effet,
les banques européennes sont de
plus en plus réticentes à
procéder à l’ouverture
de comptes bancaires pour non résidents.
En Espagne, par exemple, les conditions
se sont beaucoup resserrées à
la suite de consignes formulées
par la Banque d’Espagne. Il faut
désormais se munir d’un contrat
de travail ou d’un bail pour ouvrir
un compte, ce qui rend l’opération
pratiquement impossible aux non-résidents.
En Angleterre, vous pouvez essayer à
la HSBC, qui pratique une politique assez
locale et populaire. En revanche, vous
devrez accepter un forfait assez conséquent
et un service minimal si vous ne présentez
pas de preuve de résidence (bail,
factures de gaz, électricité,
Internet…). Vous serez facturés
entre 10 et 15 euros par mois.
Quoiqu’il en soit, si vous ouvrez
votre compte en banque à l’étranger,
l’administration fiscale française
en aura connaissance. Et si vous faites
l’objet d’un contrôle,
le fisc aura le droit d’interroger
votre banque à l’étranger.
Seuls trois états membres de l’UE
– l’Autriche, le Luxembourg
et la Belgique – ont obtenu des
dérogations à la directive
de l’UE sur la fiscalité
de l’épargne entrée
en application en Juillet 2005. Ces trois
pays ont droit au secret bancaire. Mais
dans tous les cas, n’oubliez pas
de mentionner les sommes d’argent
qui passent sur vos comptes en banque
en Europe dans votre déclaration
de revenus.
Enfin, après une ou deux années
de bon fonctionnement de votre compte,
vous pourrez même souscrire des
crédits dans votre banque à
l’étranger. Ce devrait être
plus facile désormais, depuis la
directive européenne relative au
crédit à la consommation.
En effet, toutes les banques de l’espace
européen sont logées à
la même enseigne en matière
de crédit. Mêmes droits,
mêmes informations… Vous serez
davantage protégés. Vous
pourrez même parfois obtenir des
taux de crédit plus intéressants
que ceux qui sont pratiqués en
France.
Un interdit bancaire, sous bien des aspects,
est un handicap financier. Mais il peut
aussi être un handicap moral. Pour
certaines personnes, cela peut devenir
un véritable drame. D’autant
plus que tous vos projets personnels et
indépendants risquent d’être
bloqués. Cela s’accompagne
aussi souvent d’un laisser-aller
financier dont il est difficile d’en
ressortir la tête haute. Cependant,
ne désespérez pas ! Dans
tous les cas, vous aurez droit au service
de base, qui certes n’est pas Byzance,
mais qui vous donnera au moins la possibilité
de continuer à vivre…
Autre solution : Vous êtes
propriétaire !
Enfin, dernière solution, avant
de vous retrouver accolé au pied
du mur, le rachat de crédit propriétaire.
Il va de soi qu’il ne concerne que
ceux qui ont la chance de détenir
un bien immobilier.
De nombreux établissements bancaires
rachèteront vos dettes grâce
à l’hypothèque de
votre propriété. Ce rachat
de crédit propriétaire vous
permettra de réduire vos mensualités
jusqu’à 60%, de libérer
du pouvoir d’achat et donc d’honorer
une partie de vos dettes. Retrouvez un
guide du rachat de crédit hypothécaire
sur Argent-mag : http://www.argent-mag.com/immobilier/rachat-de-credit-hypothecaire.php